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Une ghost town de l’Idaho, Silver City (part.1)

février 21, 2011

J’avais vraiment envie de placer une ghost town au programme de notre périple… Et pas une petite insignifiante, ou une particulièrement touristique, une encore mieux que  Grafton dans l’Utah (visitée en 2007). Il fallait qu’elle soit importante, pas trois bicoques, qu’elle se trouve dans un endroit plus reculé voire moins facile d’accès que ces ruines au bord des grandes routes.

L’Oregon et l’Idaho en regorgent, ça tombe bien. Le site Ghost Towns.com déjà consulté à l’époque pour Grafton m’a été drôlement utile ! En m’y baladant, je remarque que le comté de Owyhee, dans le sud-ouest de l’état en possède une concentration étonnante, et même pour certaines, d’après les photos, plutôt bien conservées.

J’avais acheté Get Lost, Aventure Tours in the Owyhee Desert*, mais n’ai pas été convaincue par ce jeu de pistes où GPS et véhicule équipé auraient été nécessaires… En revanche, l’excellent Southern Idaho Ghost Towns* nous donna de précieuses indications et nous fit choisir Silver City, citée comme « la reine des villes fantômes d’Idaho » !

C’est un peu le cas de toutes les belles aventures, elles se méritent … mais quel souvenir, parfois ému, ou encore anecdotique, en conservons nous !

Silver City sera de ces aventures …

Alors commençons par le début, si vous le voulez bien.

Nous quittons Meridian, proche banlieue de Boise dans la matinée. Pas trop tôt, car cette année, et j’ignore pour quelles raisons, même avec le décalage horaire, nous avons été incapables de décoller le matin avant 9h00. Bon, après tout, nous sommes en vacances ! Pour nous diriger au sud vers Murphy par l’ID78. Quelques kilomètres après Murphy, il nous faudra surveiller la route de Silver City vers l’ouest. Google Map nous donnait pratiquement 2h00 de trajet jusque la ville fantôme.

La météo est clémente, la route non pavée est bien sèche, mais qui aurait pensé que notre route débutait dans un endroit plutôt sec pour monter à 2.000 mètres d’altitude pour atteindre les monts enneigés que l’on aperçoit, là au loin ? Et bien, pas moi… J’ai dû lire la description de l’endroit en diagonal et fait complètement abstraction de l’altitude et du fait que la route pouvait être fermée jusque mai !

Les paysages autour de nous sont sublimes, on est un peu seuls au monde ; le fait est que pendant plus d’une heure nous n’aurons croisé personne… Non, on est libre et nous sommes les rois du monde au volant de notre SUV.

Au bout d’une bonne heure de route, n’ayant toujours croisé personne, notre route s’enfilant dans des endroits à l’allure inquiétante où gisent de vieilles carcasses rouillées criblées de balles, les rois du monde commencent soudain à douter… L’idée que l’on puisse s’être perdus au détour d’une pâte d’oie nous effleure… Mais bon, au bout d’une heure, on a pas du tout envie de faire demi-tour (enfin, pas encore !). Aucun panneau ne s’annonce à l’horizon…

Quand enfin, au sommet d’un premier petit col, on distingue au loin un panneau au bord de la route… Nous passons devant juste pour lire : « road closed ». On ralentit, on hésite… On a croisé tout à l’heure un tracteur qui damait le sol meuble dans la montée. Là on se demande sérieusement si on ne doit pas faire demi-tour ! Mais bon, le cow-boy du tracteur nous aurait fait signe s’il ne fallait pas monter, non ?

Et puis, non… Aller, courage, on continue… Et ce malgré la route bordée d’immenses congères qui commencent à fondre, les rondins de bois qu’il a fallu déblayer pour passer, la route complètement boueuse et enneigée (là Zok m’a félicité -enfin !- pour le choix de la voiture, et imaginait avec grand peine la route avec la Chrysler 300 C que l’on aurait pu avoir grâce au sur-classement ).

Cela fait plus de 2 heures que nous roulons et nous commençons sincèrement à nous décourager. Impossible de faire demi-tour sur la route enneigée, ce serait pas prudent vu le ravin en contrebas, notre piètre expérience en conduite sur route de montagne (nous vivons toute l’année à moins de 300m d’altitude), la route enneigée, la seule âme rencontrée était au volant du tracteur il y a presque une heure… Non, il faut continuer !

Quand enfin, nous croisons LE panneau qui nous indique la direction de Silver City… Et même si LE panneau ne nous précise pas dans combien de miles, ce n’est pas grave, la motivation est revenue, et avec le chemin parcouru, ce serait idiot de faire demi-tour.

Bien nous en a pris, puisque quelques miles plus loin (tout de même !) nous arrivions à la ghost town de SILVER CITY !

C’est là que nous rencontrons Andy, le watchman de Silver City, qui nous apprend que c’est le premier jour où il revient à Silver City et qu’il s’affaire à dégager et rouvrir la route pour les visiteurs, mais aussi les habitants saisonniers de Silver City qui font revivre la ville à la belle saison. Nous sommes les premiers visiteurs de la saison 2010, alors Youpiii !

La ville fantôme qui s’offre à nous est pleine de promesses, nous sommes franchement excités et là nous nous sentons un peu à nouveau les rois du monde… nous y passerons quelques heures à nous y balader seuls et privilégiés !

A suivre …

Je vous laisse découvrir le billet de la main de Zok ou l’Ode aux pionniers quant à notre rencontre avec Andy Scott et Silver City (Idaho).

* Retrouvez ces livres et leurs références dans ma sélection en lien dans la marge.

11 commentaires leave one →
  1. février 21, 2011 11:15

    Enorme, j’attend la suite avec impatience.

  2. février 22, 2011 8:15

    C’est passionnant, vivement la suite!

  3. février 22, 2011 6:52

    Ce n’est pas que j’imaginais avec grand peine la Chrysler 300, c’est que c’était impossible vu la hauteur de roue.

    Tu n’as pas mentionné les passages où les roues ont disparues dans des sillons de 40 cm de haut remplies d’eau glacée boueuse, ou les congères sur le côté haute comme deux voitures, en train de fondre et qui menaçaient de tomber, ce qui nous aurait précipité dans le ravin…

    Un truc de fou que t’es content d’avoir fait, mais que tu n’aurais jamais fait si tu l’avais su avant.

  4. Audrey permalink
    février 22, 2011 7:27

    Zêtes pas un peu fou, les rois du monde ? ;)
    Cela dit c’est un peu cruel de nous laisser en plan comme ça, la suiiiite !!! :)

  5. Sunny Side permalink
    février 23, 2011 9:32

    Là je suis muette … quel trip !

    • février 23, 2011 9:32

      @ CarnetsdeSeattle : ça vient … un peu de patience ;-)

      @ Spiruline : Merci :)

      @ Zok : Mouia, on a un peu flippé par moment. On est des lopettes ??
      Ca oui, suis bien contente d’avoir été jusqu’au bout :)

      @ Audrey : Oui, les rois du monde, ok… c’est l’exaltation sur l’instant… Tu es entourée de paysages sublimes, il n’y a personne, un grand sentiment de liberté t’envahit, si c’est un peu « je suis le roi du monde » :))

      @ Sunny Side : mais non, mais non… et ce n’est pas fini ;-)

  6. février 26, 2011 2:34

    bravo Marigaz, quel suspens ! j’étais dans la voiture avec vous, j’ai eu froid, j’ai eu peur, et puis… zut alors, pas de photo, rien du tout, je ne sais pas à quoi ressemble cette ville ni combien de fantômes elle abrite, quelle déception !
    Vite, la suite !

    • février 28, 2011 12:41

      Peur… c’est un peu fort, mais inquiets, oui !
      On a pas vu les fantômes… quoique… mais les photos de ville arrivent très vite ;-)

  7. février 27, 2011 1:15

    Je suis passionnée également par cette aventure! Et pour l’essence, vous aviez prévu un jerrican?
    Cette route déserte que tu nous montres, m’a fait penser à celle de David Vincent (celui qui a vu les extraterrestres). Trop bien à lire, mais à votre place, je n’aurais pas fait ma fière.
    Lu le billet de Zok: effectivement la comparaison avec l’américain d’aujourd’hui qu’on voit prendre sa voiture pour faire 20 m est savoureuse.
    J’attends donc la suite…

    • février 28, 2011 12:45

      Non, pour l’essence, nous prenons la précaution de faire le plein avant de sortir d’une grande ville. Pas de jerican.
      Je vois bien pour David Vincent, mais lui (sauf erreur ?) il faisait nuit, et les lumières des phares qui balayaient la route déserte avec inquiétude …
      Il existe encore des pionniers ! Andy est de ceux là… et ils forcent notre admiration ! Je ne sais pas quel âge il avait, mais avec sa tronçonneuse, il était plutôt vaillant sur la route à débiter les souches encombrantes…

  8. février 28, 2011 2:54

    Non, tu ne te trompes pas, il faisait nuit. Bon, dans votre cas, la route ne faisait que 2 heures, pas de quoi s’égarer à la nuit tombante.

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